FOURNIER roux l’oiseau
Les différents noms du Fournier roux
En guaraní, on l’appelle Guyra tatakua : guyra signifie « oiseau » et tatakua, « four », en référence à son nid en forme de four en terre.
En Uruguay, il est surtout connu sous le nom de Hornero, un terme qui évoque la forme particulière de son abri.
Son nom scientifique, Furnarius rufus, vient du latin et signifie « oiseau rougeâtre du four », en lien avec son plumage brun-roux et son étonnante manière de construire son nid.
Enfin, au Paraguay, on le connaît aussi sous le nom de Alonso ou Alonso García, un surnom associé aux maçons, car cet oiseau est admiré pour ses remarquables talents de constructeur.
La légende du Fournier roux
On raconte… les anciens d’une tribu guaraní transmettaient une histoire qui, plus tard, devint une légende :
Jahé était l’unique compagnie du plus vieil homme de la tribu.
Un jour, Jahé partit chasser et, alors qu’il poursuivait un capybara, épuisé par cette chasse sans succès, il s’allongea sur la rive du fleuve afin de reprendre des forces. Il dormit longtemps.
À son réveil, il resta émerveillé en voyant surgir des eaux troubles une jeune fille d’une beauté infinie. Sans se rendre compte qu’on l’observait, la jeune fille se dirigea d’un pas rapide vers sa hutte.
Jahé tomba éperdument amoureux de cette belle jeune fille, le cœur embrasé d’amour. Mais bien sûr, Jahé n’était pas le seul prétendant, car beaucoup espéraient être choisis par la jeune Indienne. Ils décidèrent alors de se disputer sa main.
Aguará était le plus grand rival de Jahé.
Tous les prétendants furent enveloppés dans des peaux fraîches provenant des animaux de la forêt, et ainsi vêtus, ils furent laissés sous le soleil brûlant de la jungle. À mesure que le soleil chauffait les peaux, celles-ci se rétractaient, et les prétendants, un à un, renonçaient à leurs intentions.
Seuls Aguará et Jahé restèrent en lice.
Peu après, Aguará cria qu’on le sorte de cette épouvantable prison, et tous accoururent pour lui porter secours, oubliant le pauvre Jahé.
Lorsqu’ils se rendirent compte de leur oubli, tous allèrent le proclamer vainqueur. Mais ils virent avec stupeur que de la peau rétrécie, qui peu auparavant contenait encore le corps de Jahé, s’échappa un petit oiseau. Celui-ci survola les lieux avant de se poser sur la branche de l’arbre le plus proche.
Tous comprirent alors qu’il s’agissait de Jahé, que la souffrance de sa prison avait désormais rendu libre pour toujours.
La belle jeune fille comprit alors combien l’amour que Jahé lui portait était immense, et elle demanda à Tupá de la transformer, elle aussi, en sa fidèle compagne.
Bientôt, tous deux, changés en oiseaux, construisirent leur nid de paille et de boue, comme le font encore aujourd’hui leurs descendants.